Décider : un art difficile

Prendre une bonne décision, c’est a priori s’appuyer sur une première ressource : notre expérience. Elle est précieuse mais peut nous abuser. Le temps a passé, notre perception a changé. Le contexte, l’environnement et les acteurs sont différents. Les réussites ou les échecs vécus dépendent des processus et des moyens mis en œuvre à l’époque, éléments souvent gommés par le souvenir du résultat obtenu. En cas de réussite comme en cas d’échec, nous prenons trop peu souvent le temps d’analyser objectivement la démarche et le résultat.   Le retour d’expériences est plus objectif que nous-même et riche de leçons à retenir pour en tirer bénéfice pour l’avenir. Souvenons-nous que c’est ici qu’est le gisement de nos meilleures décisions à venir et que ce temps investi sera certainement rentabilisé.

Prendre une bonne décision, c’est également faire preuve d’intelligence relationnelle en allant chercher les compétences et la valeur ajoutée d’autres acteurs. Il est vrai que solliciter d’autres avis n’est pas sans risque. Nous pouvons être tentés de rechercher les personnes et les éléments qui corroborent nos convictions, notre vision et d’édulcorer ou ignorer les informations qui les contredisent. Il faut trouver les experts qui seront objectifs sans apporter les seules informations attendues par souci d’adhésion, de stratégie personnelle ou de flagornerie. Il est plus facile pour des proches collaborateurs de se conformer aux opinions majoritaires que d’être le Cassandre qui apporte la contradiction au risque de déplaire. Attention donc à ne pas se laisser « polluer » par l’entourage. En cas de décision stratégique mieux vaut être entouré de tempéraments et fonctionnements différents du sien pour rester ouvert à des solutions créatives qui sortent des « sentiers battus » et nous enrichissent.

Prendre une bonne décision, c’est aussi écouter son intuition, indicateur émotionnel intéressant et de plus en plus étudié comme facteur rationnel. L’intuition, qui signifie regarder attentivement à l’intérieur de soi, cumule en réalité tous les éléments objectifs et logiques partagés en amont, enrichis par notre expérience. C’est notre « moulinette » interne à laquelle il faut aussi savoir faire confiance.

Prendre une bonne décision, c’est anticiper et éviter de se retrouver au pied du mur sans temps de réflexion et de prise de recul. Il nous faut souvent réfléchir plus d’une fois à un problème, y revenir.

Prendre une bonne décision, c’est choisir l’outil d’aide à la décision adapté à la situation. Il en existe de nombreux : SWOT, arbre des causes, technique des 6 chapeaux, diagramme D’Ishikawa, matrice multicritères, etc… et bien entendu le MindMapping tel que le propose l’article de Sophie Le Stum ou comme ci-dessous.

Mais… décider demande également du courage pour accepter de se tromper et de savoir le reconnaître. Ne soyons pas trop durs avec nous. Les experts les plus pointus sur un sujet se trompent dans un monde en constante mutation et évolution. Demain l’intelligence artificielle sera, compte-tenu des volumes exponentiels de données à traiter, l’outil complémentaire d’aide à la décision capable d’être à la fois pragmatique et intuitif… sans jamais se tromper ? L’avenir nous le dira !

En attendant ce futur proche, gardons en tête notre objectif !

« Il y aura toujours un vent favorable pour celui qui sait où il va ».
Sénèque