L’intelligence collective : une coopération fertile

Concept récemment mesuré en psychologie sociale, l’intelligence collective aide à la génération d’idées nouvelles pour développer le dynamisme de l’entreprise et la motivation des collaborateurs.  Le principe est simple : personne ne sait tout, tout le monde sait quelque chose mais ne le dit pas ou ne l’utilise pas toujours.

C’est la somme de compétences, de savoirs, d’expériences qui vont interagir pour aller vers de meilleurs résultats. Il s’agit d’être plus intelligents et efficaces ensemble que seul et dès lors d’y trouver un bénéfice tant individuel que collectif. A l’heure où les modes d’organisation transverses se multiplient, ce mode de management collaboratif s’installe et devient l’une des clés favorisant la différenciation et la performance.

Au-delà d’optimiser l’organisation et les processus, cette collaboration ne peut se limiter à la seule communication mais doit se transformer en coopérations intellectuelles.

Facile à poser sur le papier, ce concept peut être difficile à transformer en actions car :

  • L’entreprise favorise encore trop souvent la performance individuelle.
  • L’ambition personnelle peut amener l’individu à ne partager que les informations déjà connues et à faire de la rétention pour les autres plus stratégiques.
  • L’histoire a montré et montre encore que l’influence d’un groupe peut inhiber tout esprit critique et amener à des catastrophes.

Pour assurer la réussite, il faut mettre en place quelques éléments clés qui transforment réellement une équipe d’experts en équipe experte :

  1. Fixer un objectif commun clair sans lequel une équipe ne peut être efficiente. Le collectif ne peut également fonctionner que dans un cadre rigoureux dans le partage de règles communes.
  2. Piloter l’équipe : nul groupe et travail en commun sans un leader, un leader facilitateur apte à fédérer afin d’atteindre l’objectif, à embarquer l’équipe dans une dynamique de proposition, d’innovation et de résultats. Il s’agit bien de leadership et non de hiérarchie par essence potentiellement « castratrice » d’expression. Ce leadership peut être tournant.
  3. Créer un climat de confiance et de bienveillance, utiliser l’intelligence émotionnelle: faire preuve d’empathie, se faire confiance et faire confiance aux autres. Il faut aussi se donner le droit à l’erreur, éviter les jugements a priori, lever les craintes, les freins et accepter l’erreur de soi et des autres.
  4. Animer avec une répartition équitable et régulière de la parole pour favoriser l’expression de tous, questionner efficacement, confronter les points de vue et partager non seulement les informations dont chacun dispose mais surtout celles spécifiques qui apportent de la valeur ajoutée. Il est possible voire indispensable de s’appuyer sur des outils d’animation de groupe et/ou de conduite de réunion.
  5. Construire des groupes divers en compétences, en modes de fonctionnement et vision afin d’enrichir la production et sortir du conformisme ou du consensus mou. Nous retrouvons ici le principe d’intelligence relationnelle. Les échanges vifs, les conflits d’idées sont sources de production « out of the box».

L’objectif reste d’obtenir des résultats supérieurs. Alors, l’intelligence collective pour quels bénéfices concrets ?

  • Améliorer la productivité des équipes par l’addition de compétences et de singularités complétée par la richesse des apports et par la motivation à être impliqué. Une équipe sincèrement sollicitée adhère et devient rapidement génératrice de progrès, de réussite et de développement.
  • Optimiser les résultats des groupes projet par la mise en application de ces principes collaboratifs. Si les entreprises maîtrisent leurs fonctionnements verticaux, elles doivent renforcer l’efficacité de leurs activités transverses qui nécessitent une meilleure communication et une meilleure coopération. cf article de Sophie Le Stum sur les complémentarités d’une équipe projet.
  • Aider à la prise de décision: sans avoir obligatoirement vocation à amener à la décision, l’intelligence collective amène à faire réfléchir, coopérer, innover, co-construire, créer ensemble de la valeur. Elle contribue au travail amont d’émergence et de construction de la décision en ayant mobilisé les connaissances et expertises de chacun.
  • Optimiser la collaboration au sein de l’entreprise: le management collaboratif irrigue de fait les organisations via l’intranet, l’extranet, les réseaux sociaux d’entreprise ou tout autre plate-forme collaborative. Ils sont les moyens de mutualiser les informations, les ressources, les compétences et les idées entre les différents services. L’enjeu est de les enrichir, d’optimiser leur utilisation  dans des actions collectives pour gagner en productivité et motivation.
  • Fluidifier et optimiser la circulation de l’information entre l’entreprise, ses partenaires et ses clients : l’intelligence collective contribue au partage des connaissances pour une information qualifiée et précise pour être plus réactif, plus flexible, mieux respecter les délais, être force de proposition. Ce mode de travail collaboratif qui renforce la proximité entre l’entreprise et son environnement contribue également à améliorer l’image et la notoriété de l’entreprise.

Aucune raison d’attendre, agitons ensemble nos neurones, semons, fertilisons et récoltons collectivement les bénéfices !

Catherine Allain, Conte Clé

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